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Cette voiture a une histoire peu banale. (Index en page 1)
SIMCA VEDETTE : Comme un béret sur la tête d'un Cow-Boy... :roll:









Voiture de "faux riches" pour les uns, "hybride apatride" pour beaucoup d'autres la série des Simca Vedette mérite pourtant que l'on s'y attarde.

Pour ce faire il nous faut remonter à l'immédiat après-guerre, période où nos constructeurs nationaux tentent de sortir la tête de l'eau à l'issue d'une des pires situations que le pays ai connu. :jap:

Si la nouvelle Régie Renault aura comme bouée de sauvetage la 4cv et Peugeot une très réussie 203 pour d'autres qui n'ont pu ou su s'adapter c'est le début de la fin : Salmson, Hotchkiss ou encore Delahaye ne vont pas tarder à disparaître...
Mais nous avions à cette époque un autre "grand" constructeur chez nous : Ford ! :oui:

Depuis 1908 la Ford T est assemblée à Bordeaux dans les locaux de l'importateur de la marque.
On change de dimension à partir de 1916 où, en plein conflit mondial, la Société des Automobiles Ford est créée et va livrer pas loin de 11 000 Model T aux belligérants alliés durant deux ans.

A partir de 1929 la firme se réorganise et décide la création de Ford SAF (Société Anonyme Française) qui assemble chez nous des Model A sous la supervision de Ford UK.

En 1935 Ford SAF dépend directement de la maison-mère de Dearborn (USA) pour ses décisions commerciales.

La marque s'associe alors chez nous à Mathis, une firme Alsacienne très connue qui emploie près de 15 000 ouvriers dans son usine de Strasbourg mais que la grande dépression économique a forcé à s'allier à Ford pour former la société Matford qui assemble les véhicules des deux firmes.

Mais les dès sont pipés et très vite Mathis s'aperçoit que ses productions propres s'arrêtent au profit de modèles plus ou moins dérivés des gammes Ford ou Lincoln US, un procès aura d'ailleurs lieu entre les deux associés qui permettra à l'Alsacien de toucher de confortables dommages et intérêts dans l'immédiat avant-guerre.

De toute façon dès 1937 Ford annonçait déjà ne pas avoir l'intention de conserver l'usine de Strasbourg qu'il jugeait trop excentrée, c'est dire que la "collaboration" entre les deux entreprises n'était guère autre chose qu'un rachat déguisé... :D

Le lieu choisi se trouve alors dans l'ancien département de Seine et Oise, à Poissy.
Ford décide d'y regrouper ses unités de fabrication, d'emboutissage mais aussi tous les services administratifs ainsi que le siège social Français.

La construction débute en 1938 sur un terrain de 240 000 m2 et s'achève à la déclaration de guerre en septembre 1939, période où elle est mise immédiatement à la disposition des autorités Françaises pour participer à l'effort de guerre.


L'usine ultra-moderne de Poissy lors de son inauguration.



Les Allemands récupèrent les installations (intactes...) en juin 1940 et y installent à la tête un administrateur directement issu des usines Ford de... Cologne !

Bombardée à plusieurs reprises par les alliés (l'usine fabriquait des camions issus de la gamme Ford-Köln pour la Wehrmacht) elle est libérée en août 1944 par les troupes US après avoir subie de nouveaux pilonnages qui la laisse très endommagée.


On l'a soigneusement caché mais Ford (avec un V3000 sur la photo) et aussi General Motors (avec sa filiale Opel) ont eu un comportement franchement douteux durant le second conflit mondial.
Même après Pearl Harbour les deux firmes continueront la fabrication en Allemagne de véhicules pour les forces Nazies (dont Henry Ford était un soutient officiel avant-guerre) et continueront à toucher les Royalties issues de Berlin pratiquement jusqu'au terme du conflit.
A la fin de la guerre personne ne leur a demandé le moindre compte, ni en Europe ni ailleurs... :sic:
Je vous conseille le visionnage du film "1 000 milliards de Dollars" avec Patrick Dewaere dont le scénario est librement inspiré de cette sinistre histoire.



En 1945 le plan Pons (un plan quinquennal gouvernemental qui impose aux constructeurs la fabrication de tels ou tels véhicules compte-tenu des circonstances) exige que Ford remette en production les poids-lourds que la firme produisait avant-guerre afin de participer à la reconstruction du pays.

La firme s'exécute mais dès la fin 1946 elle se trouve autorisée à reprendre la production d'automobiles dont notre pays a, au demeurant, grand besoin.

On reprend alors la production des "Matford" d'avant-guerre mais le directeur de l'usine part aux USA et revient avec le projet mort-né d'une petite voiture "de crise" qui aurait du être produite sous le label Mercury mais dont absolument personne aux USA n'a voulu au motif que cette auto était purement et simplement indigente !

Elle sera produite en France sous le nom de "Vedette" dès 1949...

La Ford Vedette, un projet US refusé par Dearborn car considéré comme "trop pauvre" pour la clientèle locale.
Les Français la verront toujours comme une auto de "haut de gamme" pourtant... :D




C'est toute une gamme qui sera déclinée à l'aube des années 50 (utilitaire "Abeille", coupé "Comète"...) mais sans que les chiffres de production n'atteignent vraiment la hauteur des attentes du siège de Detroit et ce bien que cette Vedette se soit vendue très correctement dans notre pays, surtout compte-tenu des circonstances de l'époque !

On étudie alors sa remplaçante tout en cherchant discrètement un repreneur pour les installations Françaises, l'Etat-Major de la marque ayant déjà le projet très avancé de recentrer les intérêts de Ford sur l'Allemagne et l'Angleterre.

Mais pour l'instant la "Vedette 55" doit voir le jour au Salon de Paris de l'automne 1954, il n'y a donc pas de temps à perdre pour mettre au point une nouvelle mouture qui serait de préférence un peu moins austère dans sa présentation que le modèle actuel...

Il faudra aussi compter sur une modernisation mécanique de l'ensemble, en effet à cette époque les berlines à châssis séparé sont en voie d'obsolescence et une caisse monocoque verra le jour, de même qu'une suspension plus moderne et cela tombe bien puisqu'un ingénieur de la maison, nommé Mac Pherson, a mis au point un train avant avec une nouvelle épure qui plaît beaucoup. :o

C'est donc une "Vedette 2" qui n'a plus grand'chose à voir avec celle qui l'a précédée qui voit le jour à Paris en octobre 1954, or le mois précédent Simca a racheté tous les actifs de Ford SAF, y compris l'usine de Poissy !

Chose assez incroyable lors du Salon 1954 dans notre capitale la nouvelle Vedette trône sur les deux stands : Ford et Simca ! :lol:

En fait une annonce de l'AFP avait bien eu lieu le 5 juillet 1954 stipulant qu'un accord concernant une fusion entre Ford SAF et Simca avait été approuvée mais rien de plus n'a filtré et personne n'en avait vraiment compris la portée, la présentation des nouvelles Vedette le fut d'ailleurs uniquement par Ford le 15 septembre.

2 100 voitures seront vendues par la firme Américaine jusqu'au 1er décembre, date officielle où Ford SAF disparaît au profit de Simca qui s'empresse de retirer les lettres géantes de FORD sur l'usine de Poissy pour y mettre les siennes !







Pour l'anecdote on s'apercevra plus tard que sur les premières brochures publicitaires seul le nom de "Vedette" apparaissait, on ne trouvait nulle part trace de "Ford" ou de "Simca"... :D







Penchons-nous un peu sur cette nouveauté qui fleure bon l'Amérique, en fait cette voiture a été étudiée durant deux ans en collaboration entre des techniciens Français et le bureau d'études de la direction US des projets extérieurs.

Il s'agit d'une berline quatre portes à structure autoporteuse de 4,52m de long, 1,75m de large et 1,48m de haut.

Toutes sont motorisées par le fameux V8 "Aquilon" de 2 351cm3 dont les origines remontent à... 1932 ! :roll:


Un bon vieux moteur vu et revu sur toute la gamme Ford-France, y compris le camion "Cargo" qui équipera l'armée Française ! :W
On peut même remonter à la Rosengart Supertrahuit, la Chenard-Walker Aigle 8, Les Matford Alsace etc etc...




C'est un vénérable moteur à soupapes latérales refroidi par eau qui développe 80ch (SAE) à 4 400 tours...
Les cylindres sont directement alésés dans le bloc-moteur, il n'y a pas de chemises...







La boite de vitesses est mécanique à trois rapports avec première non synchronisée.
Les freins sont hydrauliques à quatre tambours non assistés, la direction à vis et galet et si la suspension avant Mac Pherson est très moderne l'essieu arrière est rigide et amorti par des ressorts à lames...


Versailles.








Cette propulsion atteint la vitesse de 140 km/h "Chrono" (la brochure ne dit pas en combien de temps... :ddr: )

Quatre versions sont au catalogue :

-Trianon : Le "bas de gamme" qui ne dispose que d'une livrée monocolore, de simples enjoliveurs de roues, d'entourages de vitres peints mais qui dispose tout de même d'un chauffage (ce qui n'était pas si courant à l'époque !), d'un lave-glace et d'un allume-cigare.


Trianon.




-Versailles : La version qui devrait concerner environ la moitié des ventes nettement mieux équipée : Antibrouillard, feux de recul, montre, moquette, pneus à flancs blancs, éclairage du moteur, coffre et boite à gants.
Le toit est d'une couleur différente du reste de la carrosserie (sauf demande du client)


Versailles.









-Régence : Le "Top du Top" avec son allume-cigare à l'arrière, son coffre garni de moquette, ses enjoliveurs à rayons, ses baguettes de bas de caisse, ses chromes à tous les endroits possible et surtout sa peinture bicolore personnalisée ! :p



Régence.




-Marly : Une nouveauté très "USA" que ce break "non utilitaire" qui déroute un peu une clientèle Française plutôt habituée aux engins besogneux dans cette catégorie...
La Marly s'adresse surtout aux catégories aisées qui possèdent une résidence secondaire et qui auraient le besoin d'un engin qui soit vaste mais bien équipé.
Le prix de l'auto, pas loin du double de celui d'une Trianon de six places et dotée de la même mécanique, en fera reculer plus d'un...


Marly.








Malgré l'imbroglio quand à la marque réelle de cette nouvelle série les ventes pour 1955 sont relativement encourageantes avec 42 327 unités, ce qui n'est pas si mal pour une "13cv fiscaux" et surtout pour un modèle pas vraiment souhaité par son distributeur, ce dernier étant surtout intéressé par la récupération d'une usine de Poissy infiniment plus spacieuse que ses anciens locaux de Nanterre...

1956 montre que le positionnement de la Marly n'est pas bon pour notre marché puisqu'elle ne s'écoule qu'à 1 080 exemplaires contre 43 756 berlines.

Sur la route nous avons affaire à de confortables autos "à l'Américaine" : Souples, coupleuses, relativement bien suspendues, habitables et très bien équipées pour un prix deux fois inférieur à leurs cousines estampillées "100% USA", il est vrai encore négociables en devises à cette époque ! :o

De plus la Simca Vedette n'a pas vraiment de concurrentes sur notre marché à l'époque : La Traction 15/6 est en fin de carrière, la Renault Frégate un ratage phénoménal et même la DS, qui n'apparaît que début 1956, n’intéresse pas vraiment la même clientèle.

Mais notre Vedette n'a pas que des qualités : Le V8 boit comme un tas de sable (jamais moins de 13 litres et souvent près de 20) sans avoir de performances extraordinaires, la boite à trois vitesses n'est pas une grande réussite, elle tient "moyennement" la route et surtout ses freins posent problèmes : Non assistés, trop petits dans des roues de 13" à la mode de l'époque il chauffent vite et ne sont d'aucune endurance ! :sic:

L'année 1956 n'est pas celle de l'automobile puisque la crise de Suez éclate en octobre et qu'il va en résulter une restriction sur les livraisons de pétrole, du moins pour un certain temps : Les ventes des grosses cylindrées chutent du jour au lendemain et les Simca, dont les ventes commencent en berne début 1957, va voir sa part de marché s'éroder dramatiquement cette année-la : 17 875 unités écoulées seulement ! :(

Pour cette année les Vedette bénéficiaient pourtant d'une option embrayage automatique Gravina, d'une alimentation électrique en 12 volts, d'une direction un peu moins floue et de freins plus endurants.

Au printemps 57, la crise ayant laissé des traces, on étudie à Poissy le concept "Grande voiture-Petit moteur" avec la présentation de l'Ariane qui n'est rien d'autre qu'une Trianon dotée du quatre cylindres 1 290cm3 de 48ch de l'Aronde !


L'Ariane, qui sortira très vite de la famille "Vedette".




Même si l'auto est plus légère de 100 kg par rapport aux versions V8 et même avec sa boite à quatre rapports on ne peut pas dire que nous avons affaire à un foudre de guerre avec ses 22 kg/ch... :roll:

Sa vitesse de pointe de 120 km/h n'est obtenue qu'après avoir pris beaucoup d'élan mais c'est surtout en montagne que la mécanique montre qu'elle n'est pas vraiment à la hauteur de la carrosserie ! :D

Et si 14 703 exemplaires de l'Ariane trouvent preneurs cette année-la on ne peut pas dire que l'image de marque de la famille Vedette va s'améliorer, déjà que le V8 est plutôt du genre lymphatique... :roll:

1958 sera une année cruciale, hormis l'Ariane qui a connu un certain succès il est temps de donner du pep's au reste de la gamme qui commence à ne plus intéresser grand'monde.

Au Salon d'octobre 1957 (millésime 1958 donc) tout est refondu (hormis l'Ariane quatre cylindres qui commence à beaucoup intéresser les compagnies de Taxis), on a fait appel au styliste Italien Luigi Rapi pour "moderniser" la ligne de la gamme Vedette et le moins que l'on puisse dire c'est que l'on va sombrer dans une sorte de caricature... :o

-Visières sur les phares
-Toit plat nervuré
-Calandre modifiée
-Ailerons à l'arrière
-Pare-brise "panoramique" qui impose une modification des portières avant
-Roues de 15"


 :hum:



Même si la plateforme de la voiture n'est pas modifiée cette dernière gagne quand même 23cm en longueur et même 2 cm en largeur ! :W






Par je ne sais quel miracle on est parvenu à extirper (sans doute par la force !) 4 chevaux supplémentaires au fameux V8 qui en développe désormais 84 (toujours SAE hein ! :o )

La gamme est aussi renommée, Exit les Trianon, Versailles et Régence au profit de nouvelles dénominations :

-Ariane 8 : Une Trianon qui conserve l'ancienne carrosserie et son V8, à peu de choses près...


L'Ariane 8, la Trianon renommée qui garde l'ancienne carrosserie dépourvue d'ailerons.



L'intérieur, loin d'être indigent !
La série des Ariane-Vedette avait la réputation justifiée d'être bien équipée et correctement finie.




-Beaulieu : Remplace la Versailles avec un équipement revu à la hausse.


Vedette Beaulieu.




-Chambord : Le nec plus ultra de la gamme Simca en 1958 avec peinture deux tons très élaborée, autoradio, moquette épaisse dans tout l'habitacle etc etc...


Chambord : Hollywood dans votre garage !







-Marly : Pas de grands changements hormis le pare-brise, il faut dire que cette auto reste au catalogue sans réellement se vendre, alors... :bah:












-Présidence : Modèle d'apparat disponible uniquement sur commande spéciale : Carrosserie noire polie et lustrée à la main sur une ligne de production spécifique (capacité de trois voitures par semaine au maximum), roue de secours à l'extérieur protégée par une "housse" en métal, intérieur suréquipé avec radiotéléphone qui, à l'époque, coûte une blinde à utiliser et ne fonctionne que dans un rayon de 32 kilomètres autour de Notre-Dame de Paris ! :D


Vendue presque deux fois le prix d'une Beaulieu déjà pas donnée...




... La Présidence ne va pas courir les rues.




Pour l'année-modèle 1958 les ventes sont en progression : 35 068 Ariane 4 et 8 et 28 142 Vedette.

Ce sera le chant du Cygne de la gamme... :sic:


On ne peut pas dire que les chaînes de production soient encombrées...




En fait le restyling des V8 en a fait, je l'ai déjà dit, de véritables caricatures du monde automobile de l'époque... :bah:

"Maquillées comme des voitures volées" les Simca Vedette, qui étaient surtout des voitures de notables de Province et de commerçants jusque la, vont très vite s'enticher d'une réputation de "Bagnole de m'as-tu-vu", de celle du "Parvenu en manque de reconnaissance" quand ce n'est pas la caisse du "Julot casse-croûte" du coin de la rue ! :ange:

Les gammes Ariane et Vedette 1959 ne changent qu'à la marge mais on peut noter tout de même la présence, sur les Vedette, du système "RUSH-MATIC".


Un système intéressant présenté dans un style futuriste, peut-être même trop !



Késako ? :??:

D'abord c'est une option assez coûteuse qui ne sera pas choisie par tout le monde... :o

Ensuite on peut la résumer à une sorte d'overdrive qui donne un quatrième rapport à une auto qui n'en possède toujours que trois à l'époque.

Sur le côté gauche du tableau de bord se trouve deux touches "Rush" et "Route" surmontées de deux lumières : Verte (Rush) et bleue (Route).

Le conducteur appuie à volonté sur les touches en fonction de ce qu'il désire :

-Sur "Rush" la voiture passe automatiquement en quatrième à 110 km/h et revient toute seule en troisième sous les 90 km/h.

-Sur "Route" il peut passer de quatrième en troisième (et vice-versa) en appuyant ou relâchant l'accélérateur, et ceci entre 50 et 110 km/h (à plus de 110 il est automatiquement en quatrième et en dessous de 50 cette dernière ne peut s’enclencher).

Je n'ai jamais tâté de ce système mais les témoignages dont j'ai pu prendre connaissance font état d'un truc pas très facile à gérer et nettement moins simple à utiliser que le bouton d'overdrive qui était monté sur les pommeaux de levier de vitesses des anglaises de l'époque.

Sans parler d'une fiabilité parfois sujette à caution...

Publicité de 1959 : https://www.youtube.com/watch?​v=th8WOWODCxk


La flamboyante Présidence défraie encore la chronique au Salon de l'auto en étant la première voiture à proposer en Europe, sur demande, une télévision aux places arrières !

Mais tout cela n'empêche pas les ventes de se casser la figure : 24 852 Ariane et 15 966 Vedette... :(






Pour 1960 la gamme Vedette sera inchangée, par contre l'Ariane a droit à toutes les attentions de son constructeur :

-Mise en place d'une véritable gamme à partir de la quatre cylindres (l'Ariane 8 reste au catalogue sans se vendre) avec une déclinaison "Super-Luxe" qui dispose d'une sellerie plus raffinée, d'une peinture deux-tons et de chromes sur les entourages de vitres.

-Récupération sur les chaînes de montage d'une Ariane de série qui va, sur l'autodrome de Miramas (13), parcourir entre avril et juillet 1960 200 000 kilomètres à 104,77 km/h de moyenne !
Elle pulvérise au passage 114 records...






Mais en fait il ne s'agit pas vraiment "d'une voiture de série" puisque elle est équipée du tout nouveau moteur à cinq paliers désigné "Rush-Super" de 62ch qui n'apparaîtra qu'en août suivant sur toute la gamme...

Mais bon, on ne va pas faire les fines gueules hein ! :D

De toute façon "ça fait vendre" et c'est le principal !


Ça c'est d'la bagnole nom de Dieu ! :bien:




La gamme Vedette, dont les ventes s'effritent, revient sur le devant de la scène grâce au sens du commerce de l’emblématique PDG de Simca, à savoir Henri-Théodore Pigozzi.
Après avoir réussi à placer 24 Chambord dans les cortèges officiels de la République pourtant dévolus à l'époque à la DS il décroche une superbe commande concernant deux véhicules de grande remise : Les Simca "Présidentielle".

La Présidentielle, seulement deux exemplaires.








Contrairement à deux idées reçues la Présidence n'est pas à l'origine de ces somptueux cabriolets puisque la base mécanique est à rechercher du côté de la Chambord.
Quand à leurs carrosseries elles proviennent de l'atelier des prototypes de la firme, les établissements Henri Chapron se contenteront de l'habillage intérieur et de la peinture.






Ces deux véhicules, livrés au printemps 1960 à l'Elysée, resteront en service jusqu'à l'arrivée en 1972 des fameuses SM décapotables, elles promèneront les plus grands chefs d'Etats en visite dans notre pays, John Kennedy en tête ! :fier:


Les Vedette Présidentielles seront les véhicules d'apparat du régime durant toutes les années 60 bien que le Général De Gaulle préférait, et de très loin, utiliser la DS.
En fait il n'aimait guère Mr Pigozzi qu'il jugeait trop peu "patriote", surtout depuis 1958 où ce dernier permit à Chrysler de reprendre les 15% d'actions Simca encore détenues par Fiat.




Au Salon de Paris 1960 les jeux sont faits : Les ventes des Vedette à moteur V8 se sont effondrées de plus de 75% en une année !

1961 sera donc leur dernier millésime au catalogue, la Beaulieu quitte d'ailleurs le tarif du constructeur à l'issue du Salon et tous les autres modèles ne passeront pas le printemps suivant.


La Chambord, quelque part trop excessive, n'a pas convaincue...




On conserve encore l'Ariane "faute de mieux" et ce dans l'attente des futures 1300/1500 qui n'apparaîtront qu'en 1963.

L'Ariane 8 disparaît elle aussi et toute la gamme se concentre désormais sur le quatre cylindres à moteur "Rush" (en fait un vieux moteur d'origine Fiat... Il n'y a de nouveau que ce qui a été oublié ! ;) )

Trois versions sont encore proposées :

-Base qui devient en 1961 l'Ariane "Miramas"
-"Super Luxe"
-"Super Confort" qui reprend une partie des équipements des défuntes Beaulieu et Chambord.





33 733 clients se laissent encore séduire, ils ne seront plus que 14 284 en 1962, année où la gamme est reconduite sans changement.

Fin de l'histoire en mars 1963 au Salon de Genève où Simca présente sa nouvelle génération de 1300/1500, la production des Ariane cesse alors dans l'indifférence générale, 7 593 autos seront soldées cette année-la.

Production totale :
Vedette V8 : 166 896 exemplaires (1954-1961)
Ariane : 129 058 exemplaires (1957-1963)

On sera complet en affirmant que les Vedette trouveront des acquéreurs au Brésil puisque Simca y installera une usine qui commence la fabrication des Chambord à partir de mars 1959.





Les choses commencèrent très mal en l'absence de main d'oeuvre vraiment qualifiée sur place et la firme fut dans l'obligation d'envoyer au Brésil de nombreux ingénieurs pour tenter de faire fonctionner l'usine, ce qui ne sera le cas qu'à partir de 1961 !

Véhiculant une image déplorable, d'une qualité de fabrication douteuse, la diffusion des Chambord là-bas ne sera jamais à la hauteur des espérances d'un Simca qui quitte le pays en 1966 poussé par Chrysler qui y installe très vite son propre management.


Au Brésil non plus la Chambord ne sera pas un triomphe...



La production continuera sous le Pentastar jusqu'en 1969, année où la Dodge Dart remplace avantageusement la "Chrysler Chambord" renommée Esplanada... :W

Le milieu des années 60 est un véritable enfer pour la série des Vedette et Ariane...

Gloutonnes, poussives et surtout totalement démodées ces voitures subissent une décote considérable ! :pfff:

C'est l'époque où des compagnies de cascadeurs, surpris par la robustesse de la caisse et la facilité des Ariane à rouler sur deux roues en sur-gonflant leurs pneus et en bloquant le différentiel, vont en faire leur fond de commerce en rachetant "un bon prix" des bagnoles que plus personne ne veut... :bah:


Les Simca étaient de bonnes clientes pour les cascadeurs...




... Qui ont fini par les rendre très rares à force de les casser ! :D




Jean Sunny dans ses œuvres : https://www.youtube.com/watch?​v=1fUM6JhVPL4


Les Gens du voyage étaient aussi toujours intéressés par un bon V8, les Vedette étant des tractrices "nées" à l'époque.

On peut également parler des "Blousons noirs" et autres "Loulous de Banlieue" qui, à la fin des sixtee's, trouvaient là une excellente voiture qui fleurait bon les States, où l'on pouvait entrer à six dedans avec un coffre "grand comme ça" pour y enfourner les chaînes de vélos, pelles ou manches de pioches qui peuvent toujours servir un samedi soir de bal peuplé de mauvais garçons ! [:yetet]

Le grand banditisme ne sera pas passionné par une auto qui, en fin de compte et malgré son "Véhuit", n'avançait pas.
Les DS21 et autres 404 Injection étaient plus véloces, en attendant les BMW... :roll:

Bref, il fallait une bonne dose d'abnégation (ou d'humour...) pour rouler dans une telle auto entre 1965 et la fin des années 80 où "d'anciens jeunes" lui retrouveront bien des qualités, à commencer par celle d'être une véritable capsule temporelle qui vous remonte directement à une époque où l'Amérique était le Graal à atteindre.
Ce n'est pas l'Amérique que de l'admettre bon sang ! :mad:

Personnellement je n'aimais pas cette voiture dans mon enfance, déjà parce que c'était une chignole toujours cabossée et défraîchie, et ensuite parce que son avant avec sa calandre gigantesque lui donnait un air inquiétant qui me foutait la trouille !!! :sic:

Je ne la redécouvrirais qu'en 1989, année où je rencontre sur une petite concentration d'anciennes à St-Pierre de Chartreuse une bande de joyeux drilles qui venaient juste de finir de rajeunir, de fort belle manière, une Beaulieu trouvée en 1986 sous une bâche dans une grange Dauphinoise, gardée depuis des lustres par une vieille dame en souvenir de son défunt mari.
Il est fort probable que cette auto, qui n'affichait que 49 000 km au compteur, n'avait jamais roulée ni sous la pluie ni sous la neige ! :sol:
Je ne l'ai jamais revue par la suite... :(


Les Simca Vedette seront les dernières berlines de grande diffusion Françaises à moteur V8...



Une Trianon de 1956 refaite à neuf : https://www.youtube.com/watch?​v=p-kfnd8wgcU

Restauration d'une Chambord de 1961 : https://www.youtube.com/watch?​v=p8cwzHaOYks

Régence de 1956 : https://www.youtube.com/watch?​v=8EwwPcaVFr4






 :coucou:


Jensen.
Sur le forum Pratique le 15 janvier 2019 à 20h27
Citroën Traction 22 V8 : Des survivantes ?
Connaissais pas ce site...

Par contre je me réfère à un catalogue des années 30 que j'ai en ma possession, un truc sauvé in-extremis de la poubelle il y a 25 ans.

Pour eux il est attribué... :bah:

Mais bon, c'est une discussion d'apothicaire là ! :o

 ;)
Sur le forum Collections le 14 janvier 2019 à 19h23
Citroën Traction 22 V8 : Des survivantes ?
Citation :


En voici une qui pourrait bien en avoir fait confondre quelques uns :)





Impossible de trouver l'auteur de cette modification...

Tout ce que je puis dire est que l'immatriculation correspond au département de la Manche, sans doute en 1937 (KF3 étant "en service" entre juin 1934 et mai 1938).
Sur le forum Collections le 14 janvier 2019 à 15h18

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